la garde corse du pape

Des gardes corses pour le Vatican.

Nul n'ignore la présence des gardes suisses au Vatican, ceux-ci ont pour mission historique de protéger le Saint Père ; mais combien savent que cette protection n'a pas toujours été assurée par cette garde helvétique ?

En effet, la garde du Vatican a été pendant une longue période assurée par corses. Cette présence corse au lieu même le plus saint de la chrétienté prouvant, entre autres, la relation étroite entre la Corse et cette religion.
La Corse et les papes :

La Corse entretient de longue date des relations avec la papauté, cela remonte même au premier millénaire avant Jésus Christ alors que la Corse était placée sous la domination des papes.

La Corse : terra vaticana.

Au cours du VIIIe siècle après JC, l'île de beauté a fait les frais d'une lutte de pouvoir entre les francs et les lombards, la victoire des premiers conduira a ce que la Corse soit "donnée" au Saint-Siège.

Ce don fait par Pépin le bref en l'an 754, sera réitéré 20 ans plus tard par son fils, Charlemagne.

Cette propriété sera toutefois plus légale que factuelle puisque par la suite se seront Pise et Gênes qui présideront aux destinées de la corse et de ses habitants.

Nous reviendrons par ailleurs sur cette période.

Les gardes corses du Pape :

Il y a très peu de sources sur l'origine de la présence d'une garde corse pour assurer la sécurité du pape, ce qui est plus connu est la raison de son départ (puisque celui ci aura lieu durant une période de prééminence de l'écrit sur la transmission orale) nous pouvons toutefois avancer que c'est en 1378 lors de l'installation définitive du Saint-Siège à Rome que le Pape choisira la garde (sélectionnant ses membres parmi la population des territoires dont il était le propriétaire, et donc des corses).

La fin de la garde corse :

La disparition de ce corps chargé de la protection du Pape sera entérinée à la moitié du XVIIe siècle consécutivement à un désaccord entre le Pape Alexandre VII et le Roi de France Louis XIV, désaccord qui avait failli dégénérer en conflit armé.

L'affaire remonte si l'on en croit certains historiens à l'arrestation d'un malfrat par les gardes corses (sur ordre du Nonce Fabio Chigi, neveu du pape) dans les domaines du cardinal d'Este. Ce dernier courroucé fit appel a des ministres étrangers aux fins d'arbitrage.

Louis XIV qui s'opposait alors au pape sur la question des quartiers d'ambassade, et donc désireux d'affermir sa position, y répondit prestement. Il dépêcha Charles III, duc de Créquy, en tant qu'ambassadeur extraordinaire à Rome accompagné de plusieurs soldats.

La situation dégénéra alors que les soldats du duc passèrent à tabac et injurièrent deux gardes corses dans un cabaret romain, bien sur une sanction fut prononcée à l'encontre des auteurs de l'outrage mais elle ne fut pas du goût de Fabio Chigi, et encore moins à celui des gardes corses.

Ces derniers se rendirent sous les fenêtres de l'ambassadeur de France, place Farnèse quartier du Corso, afin de manifester leur mécontentement et aux échanges de noms d'oiseaux entre les parties succédèrent bientôt les coups de feu.

Malencontreusement les gardes corses dirigèrent le feu de leurs armes en direction du carrosse du Duc de Créquy et atteignirent mortellement un de ses pages.

Louis XIV ne manqua pas d'exploiter ce malheur et exigea immédiatement des sanctions exemplaires et une réparation. Alexandre VII refusa et en appela à l'arbitrage espagnol.

Pour peser sur les négociations, Louis XIV décida de réunifier les états d'Avignon (qui étaient alors sous domination papale, avignon était l'ancien siège de la papauté) à sa couronne et le pape dû céder.

Il envoya donc à la cour du roi de France le Cardinal Chigi présenter excuses et compliments, il accepta de dissoudre la garde corse et d'envoyer une partie de ses membres en galère et enfin de régler une somme d'argent pour dédommager le décès du page.

Louis XIV obtint également l'édification, en 1664 dans la grande cour du Vatican, d'une pyramide d'infamie dédiée au peuple corse qualifié de nation toujours infâme, odieuse aux peuples et désormais indigne de servir les rois.

Cette Pyramide de marbre noir ne fut détruite que 4 ans plus tard sur ordre du pape Clément IX qui la considérait comme une infamie inacceptable faite à l' égard des corses.

Du souvenir de cette histoire ne subsiste plus qu'une tapisserie exposée au château de Fontainebleau et une plaque de bronze au musée du Louvre.

sources : corsicanews

# Posté le samedi 26 novembre 2005 17:58

Modifié le mardi 04 avril 2006 10:31

Ghjuliu BERNARDINI

Ghjuliu BERNARDINI
Mieux qu 'une fée, c'est un poète qui s'est penché sur le berceau d'Alain et de Jean François Bernardini. Ce poète, c'est Ghjuliu, leur père.

Ghjuliu Bernardini, est menuisier à Tagliu Issulacciu, mais c'est aussi un poête, et un chanteur d'exception de paghjelle.
N'est pas chanteur de paghjelle qui veut, il faut pour cela non seulement maîtriser le chant mais aussi la langue, les rimes, les vers et l'improvisation. La dépendance est totale entre les mots et le chant. Avec ghjuliu, chaque chant est un moment unique, à chaque fois surprenant, à chaque fois différent, à chaque fois émouvant.
Nous sommes à l'époque de "marinella", "in casa mè", et nos chants traditionnels sont perçus comme étant sauvages et comparés aux chants du sahara ; la chanson corse pour le grand public, est synonyme de romance Toscane ou Napolitaine.
Ghjuliu n'est pas influencé par cette mode des centres urbains, il apprend à ses enfants ce qu'il a appris de son père : les véritables polyphonies corses.
Il est d'usage d'attendre la mue, c'est à dire la période de l'adolescence pour intégrer un groupe de paghjelle, et pourtant, Ghjuliu enrôle ses fils dans le combat pour les polyphonies, et dès l'âge de 10 ans Alain et Jean François se produisent à la foire di u niolu et à celle de la Restonica.
Alanu et Ghjuvan Francescu, chantent leurs premières paghjelle avec leur père en 1970. puis toujours encouragés par leur père, ils collaborent avec le groupe Canta U Populu Corsu.
Arrive sur la scène insulaire le Fronte Paesasu Corsu di Liberazione (F.P.C.L.) José Stromboni, un audioprothésiste bastiais de 36 ans, militant connu et déjà interpellé une première fois en 1970 est déféré devant la Cour de Sûreté de l'Etat. Stromboni sera tenu comme le chef du FPCL. Parallèlement Le Conseil des ministres annonce qu'il ordonne la dissolution du FPCL.
En 1974 Ghjuliu compose letter'a à fratellu, dédié à stromboni.

letter'a à fratellu qui fut enregistré dans la maison familiale, connaît un immense succès. A cette époque, il n'y avait pas encore les radio libres. La diffusion s'est faite sur Radio France, au décrochage régional, Aimé Piétri le présentateur de l'émission de l'époque fit un commentaire émouvant. Cette chanson donna le signal d'un renouveau de la véritable chanson corse.
Ghjuliu décède brutalement en 1977, il laisse en héritage à ses enfants tout son amour pour la poésie et pour les polyphonies.
En 1978, les deux frères reprennent le flambeau de leur père: Jean-François et Alain créent I Muvrini et marchent sur la longue route de ceux qui "ont quelque chose non seulement à chanter, mais aussi à dire et des chemins à montrer "... En chantant la terre corse, ils chantent toutes les terres du monde, conscients que la plus belle oeuvre d'un peuple, est sa langue, ils se donnent le devoir non seulement de la vivre, mais aussi de la faire vivre... Ils chantent le Monde, les Hommes, la fraternité, l'amour et la dignité.
Leur premier album,: ringrazianu est un hommage à leur père trop tôt disparu, qui autour d'un établi de menuisier leur a enseigné ce chant d'amour..
Rien n'est acquis d'avance et le chemin sera laborieux ! vexations, interdiction de concerts même en corse.... rien n'y fait, les deux frères continuent le combat pour que survivent les polyphonies. Leurs armes seront, l'obstination, la persévérance, le travail et la fidélité.

# Posté le samedi 19 novembre 2005 09:15

Le bilan de la période napoléonienne

Le bilan de la période napoléonienne
Le bilan de la période napoléonienne:

« Le bilan de la période 1797-1815 est désastreux dans tous les domaines. On cherche en vain ce que l'ont pourrait mettre à l'actif. Alors que les régimes tyranniques marquent généralement leur passage par des travaux publics d'envergure, « Napoléon, l'homme le plus étonnant de notre siècle, n'a guère fait pour son pays qu'une fontaine et une promenade » (J.F. Simonot, Lettres sur la Corse, 1821). [...] Quant aux routes, Napoléon pense, comme jadis Marboeuf, qu'il n'en faut que pour les troupes.

[...] Rien à signaler en matière d'agriculture, sinon les velléités de Miot pour la culture coloniale (et chimérique) du coton. La famine de 1811 (Morand rapporte que les habitants « se nourrissent d'herbe des champs ») sanctionna cruellement l'imprévoyance et l'absence de tout intérêt de la part des autorités, et l'on vit, dans les places, l'armée procéder à quelques distributions de farine « à titre remboursable ».

[...] Industrie : néant. La réglementation douanière est typiquement coloniale : taxes, jusqu'en 1811, sur les produits corses qui seraient exportés en France, monopole du pavillon (d'ailleurs forcé, vu l'état de guerre permanent).

[...] En matière d'instruction et d'éducation ; néant. La théorie de Napoléon à cet égard bien connue : « Choisir une cinquantaine d'enfants et les répartir dans les différentes maisons d'éducation à Paris, où ils recevront une meilleure éducation que dans leur pays, et surtout où ils puiseront l'attachement le plus exclusif pour la France », comme on choisi une cinquantaine de jeunes chimpanzés pour les réparti dans les zoos où ils puiseront l'attachement le plus exclusif pour leurs gardiens.

[...] ce fils d'étudiant pisan fait déclarer non valables les doctorats en médecine obtenus dans les Universités italiennes. L'île s'en trouve démédicalisée. [...] On impose de même aux avocats de plaider dans une langue qu'ils ne savent pas : le français. Avec l'efficacité que l'on peut imaginer pour la défense de leurs clients.

[...] L'idée directrice de l'administration consulaire et impériale est que la Corse est un pays barbare. Miot rappelle ainsi les intentions du Premier Consul : « Il désirait, après avoir ramené la paix dans le pays, exercer une salutaire influence sur les m½urs de ses compatriotes, les appeler à la civilisation. » Or – postulat fondamental –, civiliser égale franciser, c'est-à-dire faire en sorte que les Corses perdent leur physionomie nationale pour en assurer une autre, jugée supérieure. Aujourd'hui, on appelle cela « l'aliénation ». Quoi que l'on puisse penser des traits nationaux des Corses, ce sont les leurs. Vouloir les changer par la contrainte est tyrannique. Mais on n'usera point des termes « changement », « mutation », ou « transformation » pour désigner l'opération. On dira « civilisation ». L'histoire coloniale de l'Occident européen est fondée sur cet apriorisme.

[...] Naturellement, les laudateurs corses de l'Empereur tenteront plus tard de nier cette « tempête sous un crâne », et diront que sa sévérité envers l'île était « affectueuse », qu'il n'a rien fait pour elle, mais qu'il aurait voulu faire (c'est l'intention qui compte) [...] En fait, dès qu'il fut entré dans sa période de « civilisation », Napoléon n'a pas plus aimé la Corse que la Corse ne l'a aimé. Ses vrais sentiments d'alors sont exprimés le 26 octobre 1796, dans une lettre au chef de clan Salicetti : « J'ai donné, citoyen Commissaire, l'ordre qu'on arrête le citoyen Panattieri, secrétaire de Paoli. Cet intriguant prônait en Corse le nom de Paoli, qu'il est de l'intérêt des amis de la République et de la liberté d'effacer du souvenir des Corses. » [...] Effacer Paoli du souvenir des Corses ? Napoléon lui-même ni le mythe officiel qu'il devint plus tard ne devait jamais y parvenir. »

Pascal Marchetti, Une Mémoire pour la Corse

# Posté le samedi 29 octobre 2005 18:56

Modifié le samedi 29 octobre 2005 19:08

VILLAGES CORSES

VILLAGES CORSES
VILLAGES CORSES

Cet Artcile est dedié a mon caru frateddu d'aiacciu Fredien
la photo c'est son beau village ..


Accrochés à la montagne, perchés sur des rochers
Comme des vigies qui scrutent l'horizon,
D'où depuis la nuit des temps sont venus tous les malheurs
Les villages sont le dernier refuge de l'âme corse...


blog officiel de Albitreccia

# Posté le samedi 29 octobre 2005 18:53

Modifié le samedi 29 octobre 2005 21:14

A la Découverte d'une Langue

A la Découverte d'une Langue
A la Découverte d'une Langue

Une Définition

Le corse est une langue romane du groupe italo-roman.
Cette classification a été confirmée par la publication scientifique du Lexicon Romanistischen Linguistik (1988) où on le met dans la liste des quatorze langues romanes,à l'égal de l'italien et du français, par exemple et pour ne citer que les deux langues avec lesquelles le corse a affaire parce qu'il leur est souvent associé pour d'évidentes raisons socio-historiques.
Il n'est pourtant pas inutile de rappeler que cette langue n'est donc pas un italien importé ou transformé, mais bien le résultat d'une évolution propre à partir d'un état de langue fortement latinisé, sans qu'il soit toutefois possible d'établir avec précision les différentes dates de cette évolution, ne serait-ce qu'à cause de la configuration extrêmement montagneuse et cloisonnée du relief insulaire.

Influences et Îlots Linguistiques et Parentés

L'influence Toscane a été capitale à l'étape suivante, c'est-à-dire à partir du IXème siècle, avec pour conséquence la rupture de l'ancienne unité linguistico-culturel le sardo-corse.(La Sardaigne subira ensuite une domination catalano-aragonaise).
De cette influence le corse conserve incontestablement une Couleur Dantesque ; il lui doit même d'être considéré par certains sociolinguistes de la péninsule comme un conservatoire privilégié d'archaïsmes italiques.
Des parentés peuvent également être constatées avec certains dialectes méridionaux de l'Italie, notamment le calabrais, cependant que les Génois, malgré une domination politique de cinq siècles, ont peu laissé de leur parler puisqu'ils adoptaient eux-mêmes le toscan comme langue écrite.
Au chapitre des curiosités, il faut noter qu'il existe en Gallura, au nord de la Sardaigne, un dialecte proche de celui de Corse du Sud à cause d'un peuplement de bergers corses au début du XVII ème siècle.
Inversement des îlots linguistiques anciennement installés constituent une originalité en Corse même: le bonifacien, ligure importé au XIII ème siècle par des colons génois, et du grec, implanté par des colons maïnotes établis près de Carghjese aux XVII ème et XVIII ème siècles.
Quelques familles seulement conservent la pratique de ces langues, notamment dans la liturgie pour le grec.
Quant à l'influence du français, elle s'est développée très lentement à partir de l'annexion de 1769, au cours d'un processus de transculturation qui a duré près d'un siècle.

La Francisation

Une politique vigoureuse de francisation, d'abord, puis les lois scolaires, l'émigration vers l'Empire colonial, faisant du français la Langue du Pain , ont accentué considérablement les effets d'acculturation.

L'Avenir

Aujourd'hui, l'accès au statut de langue pour l'ancien idiome oral corse n'est pas sans problèmes : toujours minoré entre deux langues de prestige, il cherche sa voie dans une réalité encore vivante, où entrent des oppositions unité/diversité, oral / écrit, norme / usage, dans des fonctionnements diglossiques fort complexes, analysés sous l'éclairage de concepts sociolinguistiques reconnus (reconnaissance / naissance, élaboration, distanciation, volonté populaire).
Dans cette problématique s'inscrivent l'écriture du corse, son illustration littéraire, son enseignement et la recherche universitaire, son utilisation quotidienne et médiatique, dans un éventail diversifié de fonctions et de registres.
Les développements dans chacun de ces domaines dépendront de la vitalité des nouveaux locuteurs et scripteurs du corse, de la richesse et de la sincérité du débat public, de la volonté collective et de la cohésion de la communauté utilisatrice, pour ne pas parler de la qualité des mesures de politique de la langue qui lui seront proposées.

Jacques Fusina Universitaire

# Posté le samedi 29 octobre 2005 18:46

Modifié le samedi 29 octobre 2005 19:09